biographie discographie actualites repertoire realisations concert liens
page d'accueil
Réalisations de Sonia Wieder-Atherton :
Sur le sentier recouvert | D'est en musique | D'Alep à Séville | L'Ecclesiaste | Monteverdi | Chants juifs



out a commencé lorsque Chantal Akerman m'a demandé de rechercher de la musique juive pour son film "Histoires d'Amérique", une musique aux racines très anciennes qui a accompagné le peuple juif dans toutes ses pérégrinations.

J'ai écouté des chants liturgiques, trouvé des recueils de musique populaire et c'est devant la beauté et la richesse de ce que je découvrais que l'idée de ce cycle est née.


Une musique où le populaire et le sacré se mélangent intimement. Qu'elle soit gaie ou triste, lente ou rapide, prière, chant populaire ou encore danse, elle est toujours partage et intimité.

Les chants hébraïques sont eux construits tels des dialogues avec Dieu, dialogues pleins de péripéties...



J'ai été rejointe dans ce travail par J.F. Zygel qui a arrangé certains chants et composé d'autres. Pour la deuxième édition du disque, la pianiste Daria Hovora et moi-même avons décidé de continuer ces chants par les magnifiques pièces de Bloch inspirées par ces mêmes sources hébraïques.

 

Patrick Gary - MusicWeb - Septembre 2004 (lien vers l'original en anglais)

 

Il existe peu de cultures dont les traditions soient aussi anciennes et aussi fidèlement transmises que celles des Juifs. Très peu de cultures ont su se préserver à travers tant d’adversité et de drames. Grâce à cela, la musique juive déborde de mélodies populaires et d’obsédants chants liturgiques. Nombreuses de ces chansons sont des œuvres poignantes, exprimant la douleur de l’existence humaine. À l’inverse, il existe une accumulation de chansons à travers les siècles, exprimant la beauté de l’existence. Elles poussent littéralement les auditeurs à bondir de leurs sièges et à se mettre à danser. Cette compilation d’œuvres par Sonia Wieder-Atherton et Daria Hovora tente d’exploiter ce riche héritage musical et de nous transmettre ces morceaux extraordinaires.

Ce CD rassemble en réalité deux groupes d’enregistrements différents. Les premiers enregistrements, réalisés en 1989, présentent avant tout des œuvres traditionnelles, augmentées de trois pièces originales, écrites par Jean-François Zygel dans le style traditionnel. À la fin du CD se trouve un choix d’œuvres d’Ernest Bloch, enregistrées environ 7 ans plus tard, par les mêmes interprètes. Ces morceaux, écrits entre 1923 et 1924, sont également inspirés de musiques hébraïques anciennes. Elles se fondent naturellement dans cette collection. Ce que l’on peut dire cependant, c’est que ces compositions de Bloch sont plus complexes du point de vue théorique et d’une texture plus riche. Il faut peut-être attribuer cela au désir des arrangeurs de faire ressortir la beauté simple des mélodies anciennes. C’est peut-être une simple question d’esthétique, de différence de goût entre les compositeurs. Quoi qu’il en soit, ces œuvres se combinent au mieux et ces derniers morceaux figurent certainement parmi les meilleurs de l’album.

La majorité des morceaux est interprétée par le violoncelle, avec un accompagnement au piano. Il apparaît cependant des occasions pour des soli de violoncelle, dont certains s’étendent sur toute la composition. L’interprétation de Wieder-Atherton est chargée d’émotion d’un bout à l’autre, et elle est accompagnée avec compétence par Daria Hovora, spécialiste de musique de chambre, dotée d’une longue expérience. Dans les morceaux les plus lents, ce duo est capable d’une beauté émotionnelle véritablement inspiratrice. Sur les morceaux les plus rapides, Wieder-Atherton montre sa maîtrise technique. D’ailleurs, « Danse », un morceau traditionnel, est l’un des points forts de l’album, à la fois parce que le reste du disque est tellement plus sérieux et parce qu’elle fait preuve de tant de grâce dans son habileté.

En plus, puisqu’il s’agissait de transcrire ces chansons en confiant la partie voix à un instrument, le violoncelle, avec toute l’émotion dont il est capable, était certainement un bon choix.

S’il fallait formuler une critique à l’encontre de cet album, ce serait sa tendance vers les mélodies les plus sérieuses et les plus sombres. L’accent est mis un peu trop sur les compositeurs « chargés ». S’il y avait en plus un ou deux moments légers, voire exubérants, l’auditeur serait moins épuisé à la fin de l’expérience.

Ceci dit, il s’agit d’un très bon album de musique avec laquelle la plupart des auditeurs ne seront pas familiers. C’est une friandise rare, une friandise que tous ceux qui apprécient le son des petits ensembles de chambre, aimeront certainement.

Patrick Gary

haut ^
retour page d'accueil Sonia Wieder Atherton